278 CORRESPONDANCE procureur. J’en ay faict part à tous ceulx qui affectionnent la conservation et prospérité de Vostre Majesté ; qui tous avec moy prient l’Eternel de la préserver doresnavant de tels et semblables accidents. Lesquels aussy, pour les éviter de vostre part, Sire, je prendray la hardiesse de luy dire qu’il me semble, pour se préserver, et refraindre tels crimes et parricides, qu’il faille donner plus de cours à la rigueur de la justice, contre la bonté de son naturel mesme, qu’elle n’a faict jusques icy ; sans se soucier de tout ce que luy pourra dire l’ambassadeur d’Espagne, auquel, si l’on veult croire, sera encores deub de récompense. La procédure que Vostre Majesté a faicte contre ces méchants, et nommément le se- ­ crétaire, ne peult estre blasmée de créature vivante. Le roy de la Grande Bretagne a beaucoup d’obligation à Vostre Majesté du soing qu’elle a de luy remonstrer ce qui est de son salut. L’électeur Palatin a faict de mesme. Mais je craings que si Sa Majesté ne quitte certaines maximes d’estat, que mal aysément croira il ses amys du tout, laissant, en ce faisant, tousjours moyen aux méchants de fomenter le feu de leurs injustes désirs contre luy (1). Je me fusse volontiers mis en debvoir de faire le mesme office, mais ayant recogneu que ma bonne volonté luy a esté jusques ici peu recommanda- (1 Voyez la lettre lx, ci-dessus p. 266 note 2. Il faut remarquer que Jac- ­ ques 1 er , environné d’abord de quelques gentilshommes écossais, ses intimes, projeta de trop bonne heure , une entière union de l’Angleterre et de l’Ecosse ( Voyez Lingard, History of England).