154 CORRESPONDANCE on telle sorte, que je n’en pourray avoir aucun reproche, comme aussi je suis tenu de tenir en secret les choses qu’il plait à Votre Majesté de me mander. Le roi d’Angleterre a eu, il y a trois semaines, un ambassa- ­ deur vers moy, comme aussi vers quelques autres princes. Il s’est offert de maintenir ceste amitié et bienveillance que les roys et reines d’Angleterre, ses prédécesseurs, ont tenu tous- jours avec nous et principalement la feu royne Elisabeth d’heureuse mémoire. Le dit ambassadeur a touché fort peu de la paix avec le roy d’Espagne , toutesfois selon les advis que j’ay receus d’autre part, je pense bien qu’elle se fera moiennant que cela soit sans préjudicier à ses voisins. Le connestable de Castille est arrivé, dit-on, à Bruxelles, fort bien receu de l’archiduc; comme il maniera les affaires en ces quartiers là, les effects en parleront. L’ambassade de l’Empereur et des Estais de l’Empire vers les Estais du Pays Bas n’est pas encore acheminée: je crois qu’elle se pourra différer. La guerre d’Hongherie s’est faicte ceste année sans grand avancement, ny de l’un ny de l’autre costé. Les gens de l’Em- ­ pereur ont pris Hatvan , qui est une place assez bien située pour empêcher les vivres à ceux de Bude. Le dit Empereur a licencié les forces qui luy sont venues d’Allemagne, qui ont servi seulement trois mois. Je ne sçay en quel estat sont à ceste heure les affaires du duc Charles de Suède, il ne m’a rien escript du progrès de son armée en Livonie, ny de la pacification. Les Polonois