CORRESPONDANCE 46 Quant à ce qu’a dit le chargé d’affaires, d’une proposition d’alliance générale contre les Turcs, S. A. la juge aujour- ­ d’hui plus que jamais digne de considération. Mais comme jusqu’ici l’Empire des Turcs n’a dû ses plus grands accrois- semensqu’aux funestes dissensions des princes chrétiens, ce sont les fauteurs de ces dissensions qu’il faut accuser des malheurs de la Chrétienté qu’ils ont comme livrée à ses en- ­ nemis. En effet, peu soucieux du salut commun et ne son- ­ geant qu’à leurs intérêts, ils ont mis la discorde entre les princes chrétiens, puis après les avoir affaiblis, ruinés par des défaites mutuelles, ils les ont exposés, désunis, aux efforts des Turcs pour qu’ils fussent écrasés. Qui voudrait, en effet, aller combattre les barbares en Thrace e en Dalmatie, au profit de ceux dont il faut craindre les armes dansses propres foyers? Puisque cet ennemi dont la puissance est si formida- ­ ble, regarde d'un œil dédaigneux les efforts désunis des Chré- ­ tiens , et que même leur alliance ne paraît pas lui inspirer de crainte bien sérieuse , il faut sans doute réunir contre lui toutes les ressources de la Chrétienté ou souffrir qu’il appesantisse son joug sur nous et nous traite encore plus honteusement que les Juifs. Plût à Dieu que les princes chré- ­ tiens eussent considéré en temps utile cette situation, et que renonçant à leurs guerres mutuelles, oubliant leurs que- ­ relles et toute ambition, ils eussent déjà tourné leurs armes réunies pour la gloire de Dieu contre l’ennemi commun ! Quant aux dettes contractées par S. M. et dont elle désire se libérer, les obligations souscrites par elle ont été exhi- ­