N* S7. des Kasstl, -WWW»»»» > 1 1 i. Feuilleton Westphâl ischen Sonnabend den z. April rgiz. THEATRE ROYAL. SPECTACLE du & Mars iZrZ. Les Bourgeoises à la Mode , come die. Il y a bientôt un mois que l’un des rédacteurs du feuil ­ leton se lit une grande querelle pour avoir imprimé par. mégarde, “que les rôles de première basse doivent être gonflés à l’acteur dont la voix réunit aux sons les plus „graves la facilité de s’élever jusqu’au Contr* alto.” A peine averti de cette erreur de nom, il s’empressa de s’en avouer coupable. 11 aurait donné en même-teins les raisons de son assertion principale, s’il avait cru devoir répondre à l’appel indécent et hautain d’un chanteur. Mais accoutumé aux discussions polies et n’aimant rien moins que ^a dispu- te_, c’est à ses lecteurs seuls que le rédacteur pré^id ren ­ dre compte des opinions qu’il énoiica, et v.oijf pourquoi il a différé jusqu’à ce jour les développemens qifilÿ sont ea droit d’attendre de lui. Pour rendre ces dévdeppemens plus satisfaisans , il entrera dans quelques détails prélimi ­ naires, très propres à répandre une grande lumière^sijr la question. Les voix humaines forment génériquement de^x classes très distinctes, savoir: les voix aigues et les voix graves, et la différence générale des unes et des .autres est à pèu près d’une octave, ce qui fait que les veix aigues chan ­ tent réellement à l’octave des voix graves, quand elles paraissent chanter à leur unisson. Ces Diapasons différons comprennent une étendue géné ­ rale d’à peu près trois octaves, qu’on a divisés en quatre parties, dont trois appelles Haute-contre, Taille et Basse, appartiennent aux voix d’hommes, et la quatrième qu’on ■ appelle Dessus, est assignée aux voix de femmes. La portée des voix ordinaires peut être fixée à peu près à une dixième majeure, et comme il n’y a guère que deux tons d'intervalle entre chaque espèce*de voix et celle qui la suit, le système général des voix, qu’on fait passer trois octaves, ne devrait renfermer que deux octaves et deux tons. C’est en effet à cette étendue que se bornèrent les quatre parties de la musique, longtems après l’invention du contrepoint, comme ou le voit dans les compositions du quatorzième siècle , où fa même clef sur quatre positions successives de ligue en ligne, sert pour la basse qu’on •ippejlait Tenor , pour la Taille nommée -Contra tenor } pour la baûtè-contre, -¡Hote/iis, et pouV le dessus, Trijihtvi! On »veut s’en assiuer par l’exSinven 'desManuscripts! de ces tems là. * Mais- la dénatninatioit'desMvaix. de différent caractère a changé selon les épçqqes, le*goût dominant et les pays. ! Les Allemands, les Italiens et les français ne' leur ont f jamais donné le même nom; ils les ont aussi appliquées à ' des usages différens ; et pour ne parler que de ce qui exi ­ ste aujourd’hui, il-est constant et connu de tons le monde, que les voix d’boinmes dans les opéras français onçtrois caractères et les voix de femmes un seul, tandis qu’en Ita* lie les voix d’hommes sont renfermées sous la dénomina ­ tion générale de Tenori et celles de femmes divisées en Sopram et Contr* alti f de sorte que s’il n’y a qu’un ca ­ ractère de voix de femmes dans nos opéras » il n’y a dans ceux des Italiens qu’un caractère de voix d’hommes. Au reste l’usage et l'exercice contribue beaucoup à former les voix au caractère qu’on veut leur donner. «L'est pourquoi l'on a admiré eu plusieurs villes d’halle et particulièrement à Venise des concerts à grand Choeur exécutés uniquement par de jeunes filles. il résulte de ce court exposé deux vérités incontestable». La première, que ia dénomination des voix varie tellement, que malgré la différence essentielle qu’il y a entre. Contr' alto et Contra ténor, il est très concevable qu’on -ait fait en écri ­ vant une méprise que la plus légère attention aurait à l’in ­ stant réparée. La seconde vérité, qui franche victorieuse ­ ment la question , est encore plus évidente. Si la portée des voix ordinaires peut être fixée, comme on l’a vu plus haut, à peu-près à une dixième majepre, «i l’on considère de plus, que la plupart des compositeurs français font (quelquefois au moins) crier toutes les voix au Heu de les faire chanter, n’est il pas-démontré que: “les rôles de pre- „miere basse doivent être confiés à l’acteur, dont la voix „joint aux tons ou cordes -les plus graves la facilité de s’éie- „ver jusqu’au Contra-ténor , ou pour parler français, „jusqu’à Ja taille ou Tenore”? Qué l’esi juge à"présent, si c’était à B. ... . Qu’il ap ­ partenait d’élever une question dont l’examen dévoile sou insuffisance comme chanteur. Où en serait-il,- si nous voulions discuter ses titres en qualité d’écrivain et relever toutes les balourdises dont il a farci deux de ses lettres, où, saus parler <jes fautes grossières de langage , il sup ­ pose ce qui est en question, prouve toute autre chose' que ce -qu’il veut prouver, énonce des propositions particulières quand il a l’intention visible d’en établir de générales, et confond sans cesse les idées et les termes? ..Çu.’il se per ­ suade donc bien qu’on peut être un Grand : acteur sans savoir écrire, mais qu’aussi dans ce cas il huit savoir se taire.' Qu’il sache surtout que le Critique est incapable d’attaquer la moralité de qui que ce soit; qu’ilest au specta ­ cle comme H serait au bal masqué, jugeant les comédiens sur le simple extérieur du personnage qu’ils représentent. disposé d’ailleurs à rendre à leurs bonnes qualités civiles et morales la justice qu’il doit à tous ses concitoyens ; qu’en» fin, s’il attaque le mauvais goût, lés injustices et les pré ­ tentions des régisseurs, il saura toujours respecter l’admi ­ nistration , qui dans aucun cas ni sous aucun rapport ne peut être confondue avec eux et dont iis ne font pas -partie coin me fis ont la folle manie dë vouloir le faîte entendre, Les bourgeoises a la Mode ont été jouées avec beaucoup d ensemble. Les acteurs savaient très bien leurs rôles Mdes. Aurner et Préliaubert, sourdais et Penancier ont été fort applaudis mais torts sans exception méritent rie? éloges. C.