Full text: Petites affiches de Cassel (Second Abonnement, No 1-152, 1784-1785)

les coups de fabre n’y font qu’a peine des brêches. 
Cette nouvele façon de coëffer les foldats paroît 
beaucoup plaire ; M.le Prince de Condé l’a adop- 
tée pour fon Régiment de la Colonelle-Générale. 
EXTRAIT d'une Lettre de Paris. 
Parmi les mafcarades qui ont amufé les Pa- 
rifens dans les derniers jours du carnaval, il 
en eft une qui mérite d’être diftinguéé, & qui 
peut figurer à côté des carieatures Angloifes : 
le Magnétifme y étoit joué d’une maniere fan- 
glante. Un Pierrot portoit une cfpece d’éten- 
dard Chinois garni de grelots , fur lequel étoit 
Écrit harmonica ; il étoit accompagné d’un tam- 
bour & d’un fifre, & précédé d’un Jeannot, la 
lanterne à la main : immédiatement après , ve- 
noit un Médecin à face large , monté fur un 
âne , ‘dont la queue lui fervoit de bride, & 
qu'il faifoit conduire par la folic ; il portoir au 
bras droit un bouclier fur lequel on avoit écrit 
gratis aujourd'hui : la folie tcnoit au deffus 
de l'âne une courone de chardons; un autre 
Médecin fuivoit, monté de la même manie- 
re, &. fe couronant également de chardons : 
ils magnétifoient tous les deux , & traînoient 
à leur fuite plufieurs malades en crife , imi- 
tant les cris des dindons. Cette farce , qui 
n'a déplu qu’à ceux qui en étoient les ob- 
jets , rapele les premiers temps de ln co- 
médie Grecque , où les aQeurs barbouillés 
de lie , affaifonoient -de- vérités poignantes la 
licence. de leurs jeux. En écartant les perfo- 
nalités odieufes que fe permettoient les an- 
ciens, il feroit à défirer que. nos mafcarades 
jouaffent ainfi les ridicules qui fe fuccedent 
tous les jours ; elles exerceroient une ven- 
— 
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À
	        

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